Le Monde de Karis

Forum de RPG fantasy, basé sur un monde créé de toute pièce, par des amoureux des livres et de l'heroic fantasy.


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L'oasis «L'Aurore»

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1 L'oasis «L'Aurore» le Mer 2 Aoû - 12:53

Au cœur du désert, mais non loin de la route qui le coupe en deux, se trouve une oasis, la plus grande du désert. Il s'agit d'un lieu où hommes et bêtes se retrouvent en paix pour se ressourcer à l'ombre d'un arbre et près de la fraîcheur de l'eau. Pas de place pour les conflits, tout le monde y est le bienvenu, mais peu savent où elle se trouve. C'est donc un endroit calme, où toutes sortes de rencontres secrètes se font...

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2 Re: L'oasis «L'Aurore» le Dim 24 Sep - 22:04

   -Tu as raison, ne nous éternisons pas ici, acquiesça Eska en suivant la jeune humaine qui s'avançait sur le chemin.

   Elle serra son amulette contre elle. Rien. A peine soulagée, elle se saisit de sa lance et partit d’un pas décidé sur la route qui les mènerait, elle l’espérait, vers un endroit un peu plus sûr. Elle n’oubliait pas cependant toutes les histoires qu’elle avait entendues sur les monstres qui peuplaient ces terres arides. Un léger frisson la parcourut : si toutes les créatures du désert étaient comme ce dragon, leur espérance de vie était grandement diminuée ! Eska ne connaissait pas ces terres, hormis à travers les ragots rapportés par les marchands qu’elle avait rencontrés au court de son voyage du Canyon des Condamnés jusqu’à Kargaal. De même, elle n’avait appris l’existence passée des dragons qu’en observant tapisseries, broderies et mosaïques dans les cités qu’elle avait traversées et en questionnant les habitants sur ces monstres des temps anciens. Elle croisait donc les doigts pour que ce qu’on lui avait dit sur les animaux du désert ne soit pas erroné comme cela l’avait été à propos des dragons qui étaient, de toute évidence, tout sauf éteints depuis des siècles !

   Elle marcha ainsi, d’un bon train, pendant plusieurs heures bouillonnant et fulminant contre tous ces imbéciles d’humains qui avaient confondu les lions avec des souris ! Des humains… elle se souvint alors de la présence de Lin. Elle jeta prestement un œil devant elle pour voir elle n'avait pas perdu la jeune humaine de vue. Elle était là, essayant de voir leur route dans l'obscurité à peine tranchée par la lune. Elle gardait le silence et cela convenait très bien à Eska qui était d’une humeur massacrante. L’humaine avait le visage fermé, Eska n’avait pas vu beaucoup d’émotions traverser ses traits depuis qu'elle l'avait rencontrée. Sa vie n’avait pas dû être facile tous les jours, pensa-t-elle alors que sa colère diminuait légèrement en degré. Tout comme l’air qui cinglait ses joues poilues. Un frisson parcourut son corps alors que la brise glacée l’enveloppait. Elle serra sa cape contre elle et enfonça encore sa capuche sur ses oreilles pointues. Elle leva les yeux au ciel en se faisant, pour regarder les étoiles. Lin lui avait parlé d’une oasis peu connue du commun des mortels car difficile à trouver parmi les dunes. Il fallait s’écarter du chemin sécurisé, ce que les gens faisaient rarement à cause des dangers trop importants qu’ils risquaient à faire les aventureux. La lune était haute dans le ciel, pas un nuage ne la voilait. Elle allait soupirer de contentement devant ce spectacle quand un éclair argenté attira son attention vers la gauche.

   Elle tourna vivement la tête et observa la semi-obscurité de la nuit désertique. Au loin, à peine visible, elle put reconnaître l’objet de leurs recherches. L’oasis que tous surnommaient l’ « Aurore » offrait son eau cristalline, illuminée par les rayons lunaires qui la faisait passer pour une apparition fantomatique et irréelle. Eska sourit. De hauts arbres avaient poussé et leur permettraient de ne pas être à découvert. Elle pressa le pas en direction de ceux-ci, suivant Lin qui semblait savoir parfaitement où elle allait, et sentant ses instincts de jaguar se réveiller et lui hurler d’aller se cacher dans les fourrés où elle serait plus à l’abri. Elle s’approcha tout de même prudemment, car quelques marchands pouvaient faire escale pour se restaurer et profiter de la fraîcheur offerte par l’eau potable de ce petit havre de paix.

   Elle fut soulager de ne voir personne. Elle s’approcha donc de l’eau et avisa un arbre dont les branches épaisses couraient vers le rivage et trempaient leur feuillage dans l’eau argentée. Cela ressemblait à un dôme et la jeune femme jugea que cela conviendrait pour échafauder la suite de leurs actions.

   -Par ici ! lança-t-elle à Lin en se tournant vers elle.

   La jeune femme la rejoignit en trottinant.

   -Je pense que nous devrions nous reposer et nous désaltérer. Personne ne devrait nous déranger cette nuit et le dragon doit maintenant être loin si nos deux comparses ont fait correctement leur boulot.

   Elle fit une pause et réfléchit un instant.

   -Je ne crois pas qu’ils reviendront nous chercher mais j’espère qu’ils auront réussi à échapper au dragon. Au moins ce pirate étrange qui faisait sortir de la glace de ses mains, dit-elle avec un léger sourire.

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3 Re: L'oasis «L'Aurore» le Mar 26 Sep - 22:40

Lin guida Eska à travers les dunes jusqu'à l'oasis que l'on appelait l'Aurore. C'était une oasis connue mais difficile à trouver car il fallait s'éloigner de la route sécurisé pour espérer tomber dessus. Pour l'atteindre, il fallait suivre une étoile à la couleur orangée et qui brillait fortement dans le ciel. C'était un lieu apprécié des quelques caravaniers connaissant le chemin pour s'y rendre.

Lorsqu'elles arrivèrent à l'oasis, celui-ci semblait désert. Seul le vent frais de la nuit soufflant dans les palmes des palmiers donnait un peu de vie à cet endroit.Elle aurait apprécié cependant qu'il y ait des caravaniers auprès desquels elles auraient pu acheter de quoi se nourrir. Eska partit devant, s'approchant du lac qui brillait sous les rayons de la lune.

Elle se plaça sous les branches tombantes d'un arbre près du lac et Lin la rejoignit. L'aube n'allait pas tarder à poindre et la jeune femme commençait à fatiguer. Lin hocha la tête pour répondre aux précautions d'Eska. Elle s'allongea ensuite sur le sable, en ayant préalablement posé son poncho sur le le sol en dessous d'elle et préparé un petit feu pour se réchauffer.Elle regarda le ciel à travers les branches de l'arbre. L'air était vraiment froid et la jeune femme commença à frissonner.

- Pourquoi vouloir tant prouver la valeur de ton peuple ? demanda la jeune femme en soufflant sur une palme d'un petit palmier qu poussait au dessus de sa tête. Tu pourrais vivre en paix en restant cachée, non ?

Elle tourna la tête vers la femme bête, prise soudain de curiosité, malgré la fatigue qui lui piquait les yeux.

- D'ailleurs, il y en a d'autres comme toi ? Je veux dire, ressemblez-vous tous à des... guépards, léopards... ?

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4 Re: L'oasis «L'Aurore» le Jeu 5 Oct - 15:52

Eska aida silencieusement Lin à faire le feu et s’assit à quelques pas d’elle en serrant ses bras autour de ses jambes et en posant sa tête sur ses genoux. Elle regarda dans le vague pendant un court instant : la jeune humaine avait posé de façon trop soudaine une question complexe à laquelle Eska n’avait pas l’habitude de répondre. Cette recherche était pour elle naturelle,  une sorte d’instinct qui la poussait à donner tout ce qu’elle avait pour trouver ce qu’elle pensait être une quête pour la survie de son peuple. Elle réfléchit un instant avant de plonger son regard à la pupille verticale dans celui de Lin.

« -S’il y en a d’autres ? Oui, malheureusement… Mon peuple est né parce qu’un homme voulut se mesurer aux dieux, et pensa qu’il pouvait, lui aussi, donner la vie à ses créations sans en subir les conséquences. Mes ancêtres ont donc été associés à des animaux pour les rendre plus forts, plus beaux ou simplement plus serviles… Mais nous ne sommes pas tous des jaguars, certains ont des traits plus marqués. Il est même difficile parfois de déceler à quelle espèce un enfant a été mêlé et, dans de rares cas, les transformations peuvent n’être qu’internes et un enfant ressemblera en tout point à un humain, même s’il pourra développer des caractéristiques particulières en grandissant.

« C’est en partie à cause de ces spécificités physiques que nous nous sommes cachés mais aussi parce que, à un moment donné de son histoire, mon clan a décidé de quitté le lieu de traumatisme qu’était l’île où nous habitions et où ces mélanges ont été réalisés. Elle était peu connue des humains, et ceux-ci, en nous découvrant à notre arrivée sur le continent, ont commencé à nous chasser. C’est pourquoi nous nous sommes cachés. Mais cela ne veut pas dire que notre vie est sans danger. Il se passe de nombreuses choses étranges dans le Canyon.... »

Eska serra son amulette entre ses doigts en regardant le vide, puis elle regarda brusquement Lin.

« -Je n’ai quitté mon peuple que depuis peu de temps. Cela ne fait que 2 ans tout au plus que je marche vers le nord en essayant de voir le plus de lieux possible. J’ai soif d’apprendre et de découvrir. Mais je savais en quittant mon peuple que mon périple serait difficile : les rares hommes-bêtes qui ont quitté le canyon parlent sans cesse de rejet, de méfiance, de traque et d’hostilité venant des peuples qu’ils ont rencontrés à l’extérieur.

« J’ai voulu me faire ma propre idée et relever l’image de mon peuple si jamais il s’avérait que le genre humain était aussi réticent aux différences qu’on me le disait. J’ai vu beaucoup de villes, de villages et de tribus depuis mon départ. Certains étaient curieux, d’autres compréhensifs mais la plupart ressentait de la peur, du dédain et du mépris devant mon apparence. Malheureusement, la curiosité et la peur mènent souvent les hommes à l’horreur et à la cruauté : certains tentèrent plusieurs fois de me capturer pour « m’examiner », selon leurs mots, alors que je venais offrir mes services et mon aide.

« J’ai assez d’habileté, cependant, pour ne pas rester à la merci de ces hommes-là et pour m’échapper. Mais il semblerait que, par ignorance, l’homme se conduise plus sauvagement que n’importe laquelle des créatures que nous pourrions rencontrer dans ce désert. Malgré cela, je voudrais être reconnue, que nous soyons reconnus, je sais que c’est possible : il existe des gens bienveillants. Mais je ne veux plus que nous soyons vus comme des monstres ou des créatures dangereuses qu’il est possible de chasser pour faire sur nous des expériences cruelles, avec la simple excuse que nous n’avons pas été créés par Fartelis, le dieu de la vie. Je veux que nous soyons vus comme des êtres doués de la même intelligence, des mêmes sentiments et émotions et du même besoin de partager et d’échanger avec les autres peuples que les humains -ou ces elfes dont je n’avais pas encore entendu parler.

« Est-ce-que-tu comprends Lin ? Je veux arrêter de me cacher, je ne veux plus voir mon peuple se battre pour garder ce qui est à lui ou simplement prouver son intégrité ou qu’il mérite lui aussi de vivre en plein jour et non sous l’obscurité de la jungle. Je veux exister en ce monde comme un être naturel, comme un être vivant

Elle avait prononcé ces mots sans réfléchir, en suivant son cœur. Elle espérait que l’humaine finirait par comprendre, même si elle savait que ceux-ci avaient du mal à s’ouvrir aux nouveautés. Lin elle-même l’intriguait, elle ne ressemblait pas aux autres jeunes filles qu’elle avait pu rencontrer pendant son voyage, plus délicates, naïves, fragiles

-Et toi ? Que fais-tu là ? Quelle est cette chose qui te hante et qui combat comme un tigre ? Que fais-tu dans le désert ?

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5 Re: L'oasis «L'Aurore» le Dim 22 Oct - 21:15

Lin écoutait d’une oreille attentive les explications d’Eska. Son peuple semblait avoir beaucoup souffert. Elle comprenait le besoin d’Eska de prouver que son peuple n’était pas simplement un ramassis de bête sanguinaires et stupides. Elle lui faisait un peu de peine car elle ne pensait pas qu’elle pourrait arriver à changer l’opinion des gens en parcourant seule le monde. Mais elle se surpris à espérer qu’elle y arrive. « Trop douce, trop gentille, trop fleur bleue… trop naïve ! » Ténaris riait encore ; elle reprenait des forces.

Cette elfe sanguinaire et cruelle l’accompagnait depuis bien longtemps maintenant. Une créature torturée, dont l’esprit perdu et tourmenté continuait d’arpenter la terre en quête de vengeance. Ténaris semblait vivre dans un autre monde, comme si elle était restée dans son époque et qu’elle n’avait pas vu le temps défiler. Lin avait toujours cru que Ténaris était persuadée que l’homme qui l’avait torturée était encore en vie. Mais d’année en année, la jeune Aïlina avait appris à vivre avec cet esprit errant : elles avaient su créer une symbiose qui leur permettait de survivre. Mais Lin sentait que Ténaris gagnait en puissance, comme si elle se nourrissait de sa force vitale. A chaque nouvel appel. Elle sentait l’esprit de l’elfe tester les défenses autour de ses pensées. Même au repos, elle sentait ses attaques presque incessantes. Elle se sentait faiblir petit à petit.

Et voilà quelques temps que Ténaris commençait à pouvoir lire dans ses pensées. Et elle ne s’en cachait pas. Au contraire, elle ne cessait de lui prouver sa faiblesse. Ténaris allait la dévorer de l’intérieur et elle ne savait comment y échapper. Mais Lin essayait de ne pas y penser.

Elle regarda Eska de ses yeux fatigués, et tenta de rassembler ses esprits pour lui faire une réponse cohérente.

- Je comprends ton besoin de reconnaissance, mais fais attention, les hommes ont du mal à faire confiance aux étrangers, surtout lorsqu’ils ont l’air plus puissant qu’eux.

Lin pensait à la guilde. Elle accueillait un nombre incalculable de créatures ou d’Hommes rejetés. Elle en faisait partie. Peut-être qu’un jour, Eska pourrait elle aussi en faire partie. Mais Aïlina n’avait pas l’intention de lui dire précisément d’où elle venait.

- Concernant cette créature, commença la jeune femme en détournant le regard, gênée, elle m’accompagne depuis bien longtemps déjà, je… ne sais pas comment m’en défaire. (En disant cela, elle entendit un sifflement strident et menaçant qui la fit frissonner) Mais je ne souhaite pas en parler.

Elle avait dit cette phrase rapidement, elle désirait ardemment changer de sujet.

- Que penses-tu de ce dragon ? Crois-tu qu’il était réel ? Je ne suis pas sûre de réussir à m’endormir avec cette pensée invraisemblable ! Malgré la fatigue, je n’aurais jamais cru avoir affaire avec des créatures disparues depuis des siècles !



Dernière édition par Aïlina Orossa le Lun 6 Nov - 19:03, édité 1 fois

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6 Re: L'oasis «L'Aurore» le Lun 6 Nov - 17:01

Cela faisait une journée entière et presque deux nuits que Nouchka survolait se désert infini. Elle avait laissé son cheval libre afin de ne pas le laisser mourir de soif et de gagner du temps dans sa traversée. Traversée qui commençait à trop s'éterniser et à l’exténuer.
Bien qu'elle désirait ne pas s’arrêter avant d'avoir retrouvé la civilisation, elle pensait à s'arrêter et dormir rien que quelque heure quitte à les passer dans le sable. Tout en débattant dans son esprit, elle scrutais le lointain avec l'espoir d'y voir la ville.
En effet, une lumière brillait là, posé au sol. Elle n'en revint pas et se laissa porté vers cette douce lumière où elle pourrait enfin dormir. Mais en se rapprochant de la cible elle compris que cette éclat n'était pas celui d'une maison mais celui du reflet de la lune. Désespérer et rageuse elle décida de quand même s'y poser pour la nuit, tant pis.
Elle atterrit à une dizaine de mètre de l'endroit, trébucha et s'écrasa face contre terre à cause de la fatigue. Elle eu du mal à se remettre sur pieds puis avança tel un fantôme, arriva au bord d'un lac où l'eau fraîche lui redonna de l'énergie, un peu. En sueur, elle vit que l'endroit était rempli d’arbre sous lesquels elle serai bien pour dormir.
Au moment où elle se dirigeait vers l'un d'entre eux, un mouvement et un son étouffé lui parvint de l'autre côté de l'eau. Inquiète et tous ses sens réveillaient, elle remit sa cape en place pour cacher ses grandes ailes tremblantes de fatigue.

- Il y a quelqu'un ?! s'écria-t-elle avec méfiance.
Elle commença de contourner l'étendu et posa une main sur le poignard attaché au creux de ses reins.

Personne ne lui répondit. Quand elle eu atteint le couvert des arbres, puis une zone claire abritée par de lourds rameaux caressant l'eau, elle aperçu un feu et deux personnes assises. C'était une jeune femme à laquelle un autre trait de pensé collait m'informa mon don de télépathie, et une créature à l'allure féline au yeux jaune brillant.

A bout de force, les jambes flageolantes et l'esprit en ébullition elle tenait  à peine debout, tout en se voulant pleine d'assurance. Face à cette... léopard, tous les souvenirs de sa mère lui revinrent, elle avait sans doute touché au but, enfin après tant d'effort, elle allait rencontrer la famille de sa mère et élucider tous ses secrets.
Elle avait totalement oublié l'humaine et avait même lâché la paume de son couteau sans s'en rendre compte. Sa quête achevé, Nouchka senti que son nez coulait, elle l'essuya, y vit du sang. Elle eu comme un petit rire de gorge et tomba, sombrant dans le néant.

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7 Re: L'oasis «L'Aurore» le Dim 12 Nov - 16:01

    Eska allait ouvrir la bouche pour répondre à Lin quand des bruits de pas parvinrent à ses oreilles. L’espace d’une fraction de seconde, l’image du dragon passa dans esprit mais elle se rendit vite compte que ces pas ne pouvaient pas lui appartenir. En effet, ils n’étaient pas lourds comme ceux d’une créature de plusieurs tonnes, mais légers comme ceux d’un être plus petit, de la taille d’un homme. Plus petit et très maladroit. Eska aurait pu imaginer un ivrogne titubant si cela avait pu coller à la situation : quelles étaient les probabilités pour tomber sur un homme en plein désert, dans une oasis si peu connue, et seul par-dessus le marché. Après tous ces évènements, peu de personnes osaient s’aventurer dans le désert, et encore moins sans être accompagnée de quelques couteaux, haches, lances et autres armes bien aiguisées. La femme-jaguar ne bougea pas d’un centimètre. Seules ses oreilles témoignaient de ses efforts pour identifier l’origine des bruits. Elle ne savait pas si Lin était consciente de la présence qui s’approchait d’elles. Le jeune femme-bête, quant à elle, avait gardé l’amulette dans ses mains et celle-ci était inactive, signe que le danger n’était pas sur elles, et raison pour laquelle elle fit mine de ne pas remarquer les bruits. En réalité, elle se demandait avec une curiosité qui la surprit elle-même, si l’étrange forme qui était sortie du corps de Lin referait son apparition si elle feignait de ne pas avoir entendu.

    Soudain, une jeune femme titubante sortit des fourrés. Elle semblait à bout de force, son nez saignait, et il était évident qu’elle avait du mal à contrôler les tremblements de ses jambes. Son regard fatigué se posa sur Eska et, étrangement, une expression de soulagement apparut sur son visage. La jeune jaguar fronça les sourcils tandis que la nouvelle venue s’effondrait sur le sol sablonneux de l’oasis. Eska n’avait toujours pas bougé. Elle tourna brusque la tête vers Lin, les yeux écarquillés, décontenancée : que se passait-il aujourd’hui ?! Le monde était-il devenu fou ?! Après tous les évènements de la journée, qui n’était pas -il fallait bien se l’avouer- totalement anodins, une fille sortant de nulle part s’évanouissait dans leur camp ! Elle ne put s’empêcher de penser qu’elles se trouvaient dans un désert plus peuplé que Kissam lui-même !

    Elle reporta une nouvelle fois son regard sur la jeune femme étendue au sol. Puis à nouveau sur Lin.

   -Qu’est-ce qu’on fait ? Tu crois qu’elle est blessée ? On ne peut pas la laisser là quand même…

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8 Re: L'oasis «L'Aurore» le Dim 26 Nov - 20:40

Eska ne répondit pas à la question de Lin. Elle n’en eu pas vraiment le temps pour être tout à fait honnête. Alors que la jeune femme attendait la réponse de la femme bête. Des bruits se firent entendre au-delà des buissons. Lin se redressa brusquement et écarquilla les yeux. Son cœur battait la chamade. Eska ne parlait pas et ne bougeait pas non plus. Lin resta tendu mais attendit que sa compagne de fortune fasse le premier pas.

- C’est quoi ? chuchota-t-elle, davantage pour Ténaris que pour Eska.

- Rien de bien gros si tu veux mon avis, lui répondit sur le même ton le fantôme elfique.

La jeune femme retint sa respiration en ouvrant les yeux encore plus grands. Une ombre sortit des fourrées. La bouche de Lin s’arrondit pour former un « o » muet. La nouvelle venue releva la tête et regarda Eska, comme si elle venait de reconnaître quelqu’un, avant de s’effondrer. Eska se tourna vers elle et Lin soupira.

- Eh bien, voilà autre chose.

Elle se leva doucement et s’approcha de la femme au sol. Elle portrait une grande cape, et une forme en dessous lui fit penser qu’elle devait porter un sac de voyage.

- Mais que fait elle ici toute seule ? râla-t-elle, peut-être a-t-elle été victime du Dragon ?

Elle releva la cape pour retirer le sac à dos afin de mieux la transporter et l’installer près du feu. Mais alors qu’elle soulevait le pan de la cape, une nuée de plume s’échappa et lui frotta les mains et le visage. Elle hurla et eut un violent mouvement de recule qui la fit trébucher sur une motte d’herbe jaunie et la fit tomber par terre. Une énorme créature pleine de plume se trouvait sur son dos ! Non, peut-être pas une autre créature… Elle tourna la tête vers Eska, ahurie.

- Les hommes-bêtes peuvent avoir des ailes ?!

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9 Re: L'oasis «L'Aurore» le Lun 27 Nov - 21:28

Elle se réveilla en sursaut. Elle avait entendu la voix de sa mère dans l’entrée. Elle se glissa hors de ses couvertures et courut jusqu’au salon. C’était l’hiver, il faisait froid dehors et le feu brûler dans la cheminée. Maman franchit la porte, puis enleva son lourd manteau et le mit à sécher. Quand elle vit Nouchka elle lui ouvrit grand les bras pour lui faire un câlin. Elle n’avait que 5 ans à l’époque mais tout était nette.
Elles s’étaient assises devant le feu par terre, papa fessait réchauffer un peu de blanquette du soir, elle et maman se racontaient se qu’il s’était passé depuis tout se temps- presque 1 an- elle avait réussi son premier envol mais était vite retombé et une dent était tombé aussi.
Maman, ses cheveux mi-long noir avec sa fameuse mèche grise qui lui faisait une raie au milieu et qui courrais le long de son dos jusqu’au bout de sa queue, ses grandes oreilles grises pointées vers l’avant écouté avec patience et amour les histoires sans queue ni tête de sa petite fille. Nouchka, finit par se lover contre sa mère en attrapant sa longue queue touffue pour se la mettre en couverture. Elle tendit son bras pour que papa vienne aussi. Et tous les trois firent un des rares câlins familiaux que Nouchka eu pu connaître avant de tomber dans un doux sommeil d’enfant.

Elle se réveilla par terre, sur un sol sablonneux, la tête appuyée contre un rocher et une douleur lancinante aux ailes. Elle avait dû dormir de travers encore. La lumière du soleil levant l’éblouie. Sans comprendre où elle était, elle se redressa sur ses fesses et fut prit d’une migraine. En retirant ses longs cheveux roux de ses yeux, et tout lui revint. La mort de sa mère, l’entrainement qu’elle s’était fait tant physique que spirituel, puis son départ il y a quelque mois. L’arrivé aux portes du désert où elle avait relâché le cheval qu’elle avait volé à un homme qui martyrisé la pauvre bête, sa traversé en vol bien longue, l’apparition de l’oasis alors qu’elle était à bout de force puis la femme jaguar et le noir. Elle regarda autour d’elle en vérifiant ses possessions de la main. Le couteau n’était plus dans son fourreau mais son sac à bandoulière était toujours là. A côté d’elle les 2 femmes étaient assises.
-Bonjour, je m’appelle Nouchka, je suis désolé si je vous ai effrayé en arrivant. J’ai fait un long voyage et je cherchais seulement un endroit ou me reposer.  
Elle essaya de lire leurs pensées, mais ne perçu que vaguement leurs émotions. La première assez jeûne, et comme hanté par de mauvaise pensée, était perplexe. Et la deuxième, le visage poilu, la queue se balançant et les oreilles dressées, était agacé de voir tant de monde d’espèce inconnu. Elle se maudit un instant de ne pas avoir insisté sur la télépathie et l’empathie avec les gens.

- Puisque vous avez dû les remarquer, ce n’est plus la peines de les cacher, et elle retira sa cape et ramena son aile droite contre elle pour la masser distraitement.
 Je suis une elfe ailée, du gouffre de Lomen, chez nous on se qualifie de volstitate, une abréviation de pureté volante, c’est un peu prétentieux quand on en voit certain mais ce n’est pas moi qui choisit les noms.  
                                                                                                                           
Fasse aux yeux ronds de ses interlocutrice elle ajouta à la va vite :
- Désolé je suis un peu nerveuse et fatigué, et je ne m’attendais pas à trouver si tôt ce que je cherchais. Et encore moins en pleins milieu d’un désert.
Bref ! Je ne suis pas dangereuse et je vous remercie de ne pas m’avoir détroussé pendant que je sombrais.  Je sais que les humains le fond parfois, souvent.  
Et vous, que faite ici et en compagnie d’une humaine ?  demanda-t-elle à la femme jaguar.

Se rendant compte qu’elle était totalement ridicule avec ses explications, elle fit mine de se concentrer sur ses ailes courbaturées tout en jetant des coups d’œil pour attendre la réponse à sa question.



Dernière édition par Nouchka le Lun 11 Déc - 19:46, édité 1 fois

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10 Re: L'oasis «L'Aurore» le Mar 5 Déc - 10:15

Eska observa attentivement Lin se rapprocher de la jeune femme étendue et soulever sa cape pour enlever le sac-à-dos qui l’encombrait. Mais la jeune jaguar ne s’attendait pas à voir l’humaine se retourner avec ce regard stupéfait. A la mention d’homme-bête ailé, elle souleva un sourcil d’interrogation.

-Pour être honnête, aucun membre de ma tribu n’est capable de dire avec combien d’espèces le Sorcier Fou a croisé les membres de ma race. Je n’en ai jamais vu de mes propres yeux, il n’y en a jamais eu parmi les miens. Mais peut-être en existe-t-il chez les représentants des autres tribus, je ne les connais pas toutes : je fais partie d’un cercle d’hommes-bêtes qui a décidé de voir le monde et de ne pas se recroqueviller sur notre île maudite, les autres sont restées… ou peut-être pas apparemment…

Tout en parlant, Eska s’était rapprochée, et observait les longues plumes qui s’échappaient des vêtements de la femme étendue avec un air songeur. S’il s’agissait bien d’une autre œuvre de Dragnir, la jeune femme ne pouvait s’empêcher de penser à son propos qu’il avait réussi à accomplir un exploit incroyable  cette fois. La beauté de cette créature était extraordinaire en comparaison de son propre aspect. Je suis un monstre…

Eska aida Lin a mieux installer la nouvelle venue près du feu, abandonnant son couteau où cette dernière l’avait laissé tomber. Se faisant elle continuait de la dévisager et de nourrir son admiration devant sa quasi perfection. Mais quelque chose l’intriguait. Elle ressemble à Léonore. En effet, elle possédait des caractéristiques physiques plus proches de l’elfe que de l’humaine qui se tenait à côté d’elle. Pensant se tromper elle ne dit rien cependant, et garda sa réflexion pour elle-même. Dragnir aurait-il tenté de croiser des elfes et des oiseaux ? La jeune jaguar restait perplexe mais essaya de ne rien faire paraître. Cela devenait une habitude de cacher ses sentiments ces derniers jours…

Une fois la créature ailée bien installée, Eska et Lin se rassirent autour du feu.

-Elle n’a pas l’air d’être près de se réveiller. Crois-tu qu’elle ait rencontré notre bon ami à écailles pour être dans cet état ?

Lin secoua la tête avec une expression d’incompréhension qui soulevait clairement cette question qu’elles se posaient toutes les deux : « Mais que pouvait-elle bien faire ici, exténuée à ce point à des dizaines de kilomètres de toute habitation et en cette période dangereuse ? ».

-Je ne vois pas de trace de blessure, dit Lin, elle a peut-être réussi à s’enfuir… Ou alors, elle ne l’a pas croisé… et son chemin n’a pas dû être de tout repos.

Eska hocha distraitement la tête, songeuse.

-Peut-être…

Elles regardèrent un long moment la jeune femme endormie sans rien dire. Puis Eska proposa à Lin d’imiter leur invitée intempestive.

-Je prendrai le premier tour de garde au cas où nous ayons un autre invité surprise de moins bonne compagnie.

Lin acquiesça et chercha une position pour dormir. Elle ne tarda pas à la trouver et s’endormit assez rapidement compte tenu des évènements de la journée. Eska, elle, détourna son regard du camp, s’éloigna légèrement pour ne pas être éblouie par le feu et se mit à scruter l’obscurité. Sous la lumière argenté de la lune, les ténèbres n’en étaient plus vraiment : aidée par sa vision nocturne de félin, Eska avait l’impression de voir comme en plein jour. Si quelque chose de plus gros qu’un cheval devait débouler, elle le repèrerait à coup sûr se dit-elle pour apaiser ses craintes de se faire une nouvelle fois surprendre par le dragon.

Au bout de quelques heures, sentant ses yeux lourds de sommeil, la jeune femme réveilla Lin qui prit sa place de guetteuse. Eska n’était pas vraiment rassurée de voir l’humaine surveiller le désert : elle savait que sa vision était mois bonne et que plus de choses lui échapperaient. Mais elle repensa au fantôme redoutable qui ne la quittait pas et elle sombra immédiatement dans un sommeil profond.

Elle se réveilla avec le soleil. Lin était toujours à sa place. Leur invitée aussi. La première chuchotait des mots qu’elle n’entendait pas à une personne invisible. Peut-être le fantôme. Elle s’étira en décidant d’ignorer ce comportement étrange et se leva en frictionnant ses membres poilus, puis s’assit non loin de Lin. C’est à ce moment que la jeune femme ailée émergea, elle aussi, de son sommeil. Elle se présenta comme étant Nouchka, une elfe ailée du gouffre de Lomen. La jeune femme n’avait jamais entendu parler ni de l’un, ni de l’autre. Mais sa pierre ne s’était toujours pas réveillée et Nouchka se perdait dans ses explications.

-Tu as dit que tu avais trouvé ce que tu cherchais, déclara Eska en éludant la question de l’elfe ailée. Mais que cherchais-tu exactement ?

La méfiance devant l’inconnu n’avait pas déserté la femme jaguar et elle s’agaçait de devoir justifier la compagnie de la jeune humaine. Elles étaient là par hasard mais pourquoi une femme-bête ne pourrait-elle pas partager son temps avec une humaine ?

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11 Re: L'oasis «L'Aurore» le Mer 6 Déc - 15:53

Lin pinçait les lèvres en regardant la nouvelle venue, « Nouchka ». L’air contrarié, la jeune femme l’observait s’occuper soigneusement de ses ailes. Mais pour qui se prenait-elle à l’ignorer et à généraliser la race humaine ? Et puis « pureté volante » ? Sérieusement ? Lin bouillonnait littéralement de l’intérieur en triturant rageusement la pierre laiteuse dans sa poche.

- Elle n’a pas tout à fait tort, ricana Ténaris, vous autres, humains, êtes des créatures répugnantes.

Lin ravala une réplique cinglante à l’intention du fantôme. Elle ne voulait surtout pas que la précieuse Nouchka l’entende. Il ne manquerait plus qu’elle trouve quelqu’un qui soit d’accord avec elle. Et encore plus un fantôme d’Elfe effarouché, fou et psychopathe.

Elle jeta des éclairs en direction de Nouchka en repensant à ce qu’elle venait d’entendre et en se retenant de répliquer de manière brutale. Elle aussi voulait savoir ce que faisait dans le désert une créature aussi étrange. D’ailleurs, n’avait-elle pas dit qu’elle venait d’un lieu nommé Gouffre de Lopette ? Ou Lapen ? « Ah non, Lomen… » se corrigea la jeune humaine. Ce nom lui disait quelque chose. Peut-être sa mère lui avait-elle déjà parlé de cet endroit ? Les souvenirs avaient du mal à remonter à la surface. Cela faisait bien trop longtemps que sa mère ne lui avait pas raconté des histoires de mondes étranges ayant existé autrefois. Mais ce n’était pas pour autant qu’elle allait poser la question à l’ « elfe ailée » qui se tenait devant elles. Oh non, elle ne lui ferait pas ce plaisir !

Assise en tailleur sur le sol, Lin posa son coude gauche sur la cuisse, cala son menton dans sa main et pianota sur son genou droit, l’air visiblement vexé, même si elle faisait son possible pour le cacher.

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12 Re: L'oasis «L'Aurore» le Lun 11 Déc - 20:35

Bien qu’incapable de lire les pensées des deux femmes, Nouchka sentit la perplexité mais surtout la fureur de l’humaine.
Elle essaya de ne pas se laisser contaminé par cette émotion et présenta quelques excuses maladroites à l’encontre de la femme hantée, elle n’avait pas voulu la vexée et après tout, elle avait seulement lu et entendu dire que les humains étaient tricheurs, menteurs et voleurs. De ce fait elle n’avait pas pris le risque de se mêler à eux dans son voyage.
L’esprit toujours embrumé elle nota toutefois que ses compagnes n’avaient pas prit la peine de se présenter.

- Tu as dit que tu avais trouvé ce que tu cherchais, mais que cherchais-tu exactement ? lui demanda la femme jaguar ou léopard.

En fouillant les lieux du regard, à la recherche de son couteau, elle répondit :

- Eh bien j’ai quitté l’endroit où je vivais à l’écart avec mon père pour retrouver les origines de ma mère, femme louve d’un clan qui se situe à l’Est dans le désert.

Elle trouva enfin le couteau et se leva pour le ramasser et le remettre dans son fourreau attaché à la chute de ses reins, tout en continuant ses explications.

- Puisque tu es une femme-bête, dans le désert, je me suis dit que tu la connaissais ou du moins que tu faisais partie de son clan. Elle s’appelait Natacha et avait des cheveux noir mi-long, des grandes oreilles grises et une mèche grise qui partait de son front et allait jusqu’au bout de sa longue queue… Tu en peux être entendu parler ?
Peut-être pourrions-nous nous y rendre ensemble pour que vous me présentiez à votre chef, une fois que VOUS vous serez présentées aussi.
Alors, qu’en dites-vous toutes les 2 ou toutes les 3 si je ne m’abuse…

En ajoutant cette dernière phrase, elle vint s’asseoir en face d'elles et les regarda de ses yeux aux pupilles verticales avec un air de défit.
Son énergie lui était enfin un peu revenue et elle redevint elle même, espiègle, sauvage et enjoué.

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13 Re: L'oasis «L'Aurore» le Jeu 14 Déc - 21:01

Eska haussa un sourcil réprobateur devant l’arrogance non-dissimulée dont faisait preuve l’elfe-ailée. Elle semblait absolument sûre qu’Eska pourrait la conduire vers cette Natacha, et cette assurance lui donnait un côté présomptueux particulièrement agaçant. Mais la jeune femme allait briser ses rêves bien malgré elle : elle n’avait connaissance d’aucun clan pouvant se trouver à l’Est dans le désert. Les hommes-bêtes n’étaient jamais allé si haut, du moins c’est ce qu’on lui avait toujours soutenu : son clan était celui qui avait réussi à trouver l’audace de s’aventurer aussi profondément dans les terres des hommes, et il était le seul. Elle toisa donc leur invitée qui les observait, assise près du feu, tandis qu’Eska avait décidé de rester debout.

-Mon clan se trouve au Sud du désert, je n’ai jamais mis les pieds à l’Est. Et je n’ai jamais entendu parler d’une Natacha : vous devez vous tromper, ou les informations que l’on vous a données étaient fausses.

Elle ne cherchait pas à saper le moral de Nouchka, qui semblait tenir à sa quête au vu de l’état auquel elle était parvenue en voyageant dans le désert, mais ce qu’elle lui disait lui paraissait dénuer de sens. Elle aurait été au courant si des hommes-bêtes vivaient dans le désert, non ? Il y avait peu de clans et la plupart de ceux qui avaient traversé la mer Akhassienne avaient gardé un lien, ténu il faut se l’avouer, mais un lien tout de même. Si l’un d’entre eux avait eu connaissance de l’existence d’un clan dans le désert, il ne l’aurait tout de même pas caché aux autres ?

Eska secoua la tête d’incompréhension et refocalisa son attention sur le petit groupe hétéroclite que formaient les trois jeunes femmes. Elle poussa un soupir discret et fit un effort de cordialité pour ne pas passer trop longtemps pour une femme primitive et rustre :

-Cependant, je peux au moins me présenter si vous y tenez : je me nomme Eska et je viens d’un Canyon au Sud du désert qui se trouve non loin du Royaume de Bel-Akhasse et qui borde Thurian.

La jeune femme s’interrompit, prenant soudain conscience d’un autre détail étrange qui s’était glissé dans les paroles prononcées par Nouchka quelques minutes plus tôt, et se tourna vers Lin d’un air interrogateur.

-D’ailleurs, là-bas, personne ne m’a jamais parlé du Gouffre de Lomen que vous avez mentionné. Vous êtes une personne bien étrange. Est-ce que les humains avec qui tu as vécu t’ont raconté quelque chose à ce sujet, Ailina ?

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14 Re: L'oasis «L'Aurore» le Jeu 14 Déc - 22:27

Aïlina se redressa, tout agacement envolé et remplacé par un sentiment de surprise. « Toutes les trois » avait dit Nouchka. Comment savait-elle ? Elle n’avait pourtant pas ouvert la bouche et Ténaris avait parlé si faiblement qu’elle était sûre que l’Elfe Ailée ne pouvait pas l’entendre. A moins… Après tout, Elle était coupé avec une bête alors pourquoi pas. La jeune humaine fronça les sourcils, feignant un air d’incompréhension.

- Il me semble que nous ne sommes que deux ici, en plus de toi, Nouchka de Lomen, fit-elle, sèchement.

Elle laissa Eska répondre à la question de Nouchka, tout en réfléchissant elle aussi à l’emplacement d’un quelconque clan d’homme-bête à l’Est du Désert. Non, elle n’en avait pas eu vent. Elle frotta les anneaux tatoués à son poignet en pensant que la seule chose qu’elle connaissait à l’Est était le plateau d’Or’azin, là où se cachait la guilde des assassins. Mais Eska étant la première femme-bête qu’elle rencontrait, il ne lui semblait pas en avoir déjà croisé dans le Désert. Mais cela ne faisait que 5 ans qu’elle vivait ici, et il arrivait souvent qu’elle parte pour quelque mission.

- D’ailleurs, commença Eska, là-bas, personne ne m’a jamais parlé du Gouffre de Lomen que vous avez mentionné. Vous êtes une personne bien étrange. Est-ce que les humains avec qui tu as vécu t’ont raconté quelque chose à ce sujet, Aïlina ?

A l’évocation de son nom, Lin releva la tête. Elle se laissa aller en arrière sur les coudes et étendit nonchalamment les jambes.

- Eh bien, j’ai entendu quelques histoires, mais elles étaient censées n’être que pure fiction. Je suis surprise d’en entendre parler par quelqu’un qui dit y être déjà allé.

Après avoir fixé pendant quelques secondes les faibles braises restant de la nuit passée, Lin se redressa et s’étira, faisant craquer ses articulations endolories. Eh bien, la vieillesse s’annonçait mal !

- Je serais bien restée ici à papoter, mais l’endroit n’est pas sûr par les temps qui courent, nous devrions retourner à Frahir-Kargaal au plus vite. Et tu devrais venir avec nous, Nouchka, peut-être trouveras-tu des informations qui pourront t’être utiles là-bas.

Et après quelques secondes d’hésitation, Lin décida de mettre de côté son ressentiment. Elle essaya de ne pas juger cette femme ailée trop rapidement. Même si, elle devait bien l’avouer, leur première rencontre ne s’était passée de la meilleure des façons.

- Je m’appelle Aïlina, mais la plupart des gens m’appelle Lin… C’est plus facile je pense, termina-t-elle sur un ton un peu gêné.

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15 Re: L'oasis «L'Aurore» le Lun 1 Jan - 21:04

Désemparée, Nouchka ne savait plus quoi penser. Selon les dires de cette Eska, elle n’avait pas avancé d’un pouce. Tout enjouement l’avait quitté.

Lin l’invita à venir avec elles jusqu’à Frahir-Kargaal pour chercher des informations. Si elle se souvenait bien de sa carte, Frahir-Kargaal se situait à l’Est du désert.

Elle n’avait presque plus de vivres, pas d’argent, et ne savait pas où trouver ce clan. Elle se sentit stupide de s’être si vite livrée et d’avoir cru que tous les hommes-bêtes connaissaient sa mère. Pour se donner une contenance, elle retira son sac à bandoulière et en examina le contenu.

Il y avait sa carte avec une croix placée à l’est, un peu plus loin et au-dessus de la ville, pour indiquer l’emplacement du clan ; 2 outres vides ; un pantalon de cuir, un dos nu de cuir, 2 petites culottes et une 2nd cape noire ; un torchon ; une petite bourse d’herbe à savon ; et c’est tout.

- J’accepte de me joindre à vous. Mais je vous préviens, à part ma possibilité de vous faire de l’air en battant des ailes, je n’ai rien à partager.
Je vais me laver un peu et voir si je trouve de quoi nous nourrir pour vous remercier de vous être occupées de moi.


Nouchka se leva, ramassa son sac et s’éloigna du campement pour se mettre hors de vue tout en retenant une petite réplique à propos de ‘’l’accompagnant’’ de Lin. Jugeant être assez loin, elle posa son sac au pied d’un petit arbre tendu vers l’eau et se déshabilla. Elle rentra doucement dans l’eau fraiche et eu un délicieux frisson après cette chaleur cuisante qui l’accablait depuis tant de jours. Tirant ses vêtements avec elle, elle les lava sommairement avec un peu de son herbe, couru les étendre et retourna vite dans l’eau. Elle étendit ses ailes et les secoua doucement pour bien les débarrasser de toute la poussière accumulée. Elle se lava les cheveux et le corps puis profita de la douceur de l’eau en se remémorant les sources de Lomen bordées par un tapis d’herbe tendre.

Au bout de quelques instants, elle se motiva en entendant son ventre crier famine. Tant de vol l’avait épuisée et affamée
Elle sortit de l’eau discrètement, ébroua vite ses ailes et s’en servit pour se cacher. Elle utilisa sa cape propre pour se sécher, essora ses cheveux et se revêtit de sa tenue toute propre.

Elle regarda autour d’elle à la recherche de nourriture facile, et fut frappée par la beauté des lieux. Elle n’avait plus vu de zone tropicale depuis qu’elle avait quitté l’île et sa bibliothèque aux vastes jardins fleuris et exotiques.

Elle repéra un arbre chargé de fruits verts et rouges à son sommet à seulement 20 pas. Elle sauta et donna un coup d’aile pour atteindre la bonne hauteur et arracher un fruit. Elle répéta l’opération une bonne quinzaine de fois pour obtenir tout juste 10 fruits. Fatiguée, elle changea de cible. Elle fit le tour de l’oasis à la recherche d’une souche, d’un arbre tombé ou n’importe quoi pouvant abriter de gros insectes. Introuvable. Elle se rabattit donc sur des racines qu’elle connaissait. Sur le retour elle sentit de petites grenouilles cachées dans quelques hautes herbes. Elle pénétra leurs esprits et leur intima de sortir de leur cachette. Elle les attrapa sans difficulté et leur brisa le cou non sans dégout. Elle détestait se servir de ses pouvoirs pour faire du mal aux animaux. Elle retourna au camp avec ses victuailles et son sac.

- Vous devriez le faire aussi, ça détend les muscles, ça rafraîchit et pendant ce temps je préparerai de quoi manger et emporter de quoi tenir pour le voyage. Ma carte ne doit pas avoir une échelle correcte j’étais censé être arrivée depuis un moment de l’autre côté de ce fichu désert.

En relevant la tête pour voir ses interlocutrice suite un pic de haine, elle vit Lin la fixer, comme sur le point d’exploser.

- Pourquoi tu me regardes comme ça Lin, je nous ai dégoté ce qui ressemble à un festin dans un désert, demanda Nouchka avec une pointe de la colère et de l’exaspération de son interlocutrice.

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16 Re: L'oasis «L'Aurore» le Ven 5 Jan - 23:17

Eska secoua la tête et regarda, la mâchoire dévissée et les oreilles vers l’arrière, la femme ailée aller… prendre un bain ! Elle n’en revenait pas ! Un dragon se trouvait très probablement à moins d’une journée de l’endroit où Nouchka avait décidé de se dépouiller de tout ce qui aurait pu, de près ou de loin, la protéger, ou tout au moins, lui faire fuir les lieux en vitesse, à savoir des chaussures et un vêtement confortable ! La jeune femme jaguar ravala difficilement la colère qui lui rougissait les joues sous sa fourrure soyeuse salie par la course qu’elle et Lin disputaient contre le Dragon. Ne connaissant pas les coutumes des hommes, elle pensa qu’ils resteraient certainement polis en ces circonstances, et ignoreraient la naïveté flagrante dont faisait preuve l’elfe de Lomen. Elles auraient pu l’abandonner à son sort, mais Eska n’était pas de nature cruelle, et ne pouvait se résoudre à laisser un être vivant, quel qu’il soit, en arrière pour pouvoir sauver sa peau.

Elle se dirigea donc vers la végétation d’un pas rageur en quête de nourriture elle aussi, avec l’espoir que le dragon ferait une lourde sieste et n’était pas parvenu à les retrouver malgré les belles traces qu’elles avaient laissées sur leur passage la veille. Si nous restons trop longtemps, nous sommes toutes mortes, pensa-t-elle avec un air renfrogné. Elle dénicha rapidement de petits animaux qu’elle tua rapidement et proprement tout en jetant des regards inquiets vers l’ouest, d’où le Dragon pouvait surgir à n’importe quel moment. Elle gardait son amulette près d’elle pour s’assurer que rien ne s’approchait trop près d’elle avec de mauvaises pensées. Une fois qu’elle eût trouvé suffisamment de nourriture –c’est-à-dire pas grand-chose compte tenu du fait que son sac de voyage avait été détruit par les flammes du dragon- elle retourna ers leur campement et s’assit pensivement, les jambes croisées, en fixant l’ouest qu’elle espérait scruter pendant que Nouchka se faisait belle.

Mais le temps passant, elle ne put garder sa concentration. Le coude sur le genou gauche, le menton calé dans la paume de la main, elle regarda le sol. Elle prit son amulette dans la paume de sa main libre et toucha d’un doigt le sable chaud. La pierre bleue brilla d’une lumière intérieure et de fins fils azur se mirent à s’enfoncer dans la terre. Elle voyait les tatouages qui recouvraient ses mains s’illuminer eux aussi d’une douce lueur bleue, pareille à celle de la pierre. Les fils qui s’échappaient de cette dernière rencontrèrent les cadavres de tous petits insectes morts à quelques centimètres de la surface qui commencèrent à se mouvoir et à tracer leur chemin vers l’air libre. Eska s’amusa à faire danser ses petits pantins pendant un moment, puis elle entendit la voix de Nouchka qui devait avoir fini de se préparer pour la route et els avait rejointes.

C’est là qu’elle vit au loin, plusieurs dunes vers l’ouest, un nuage de poussière. Elle plissa les yeux, les pupilles contractées et la main en visière, pour essayer de voir ce qu’il en était. Mais elle ne pouvait identifier clairement ce qui produisait ce nuage. Priant Actée, la déesse protectrice, elle s’accroupit pour se faire le moins visible possible et franchit silencieusement les trois mètres qui la séparaient de ses compagnes. Arrivée à leur hauteur, elle saisit Lin d’un bras, Nouchka de l’autre, et tira vers le bas pour les forcer à s’accroupir avec elle.

-Baissez-vous ! rugit-elle à voix basse. Il y a quelque chose non loin, je pense que nous devrions vite ficher le camp d’ici, et le plus discrètement possible. Lin guide nous, vite !

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17 Re: L'oasis «L'Aurore» le Mer 10 Jan - 15:58

Lin, qui était prête à déguerpir de l’endroit aussi vite que possible, resta bouche bée lorsque Nouchka s’éloigna d’elles pour aller se laver dans les eaux claires de l’oasis. Lorsqu’elle eut repris ses esprits elle commença à la suivre d’un pas énervé en l’appelant.

- Mais où vas-tu donc, idiote, tu crois peut-être que cette oasis est une colonie de vacances ?!

Elle s’arrêta en se rendant compte que l’elfe ailée n’avait aucune intention de partir tout de suite et commençait déjà à retirer ses vêtements. Elle avait envie de la tirer par ses longues ailes et de la ramener au campement. Puis elle se rassura. Si le Dragon les avait suivies, il les aurait déjà attaquées. Peut-être l’elfe et le Sydros avaient-ils réussis à l’éloigner comme il faut.

Elle soupira et rebroussa chemin, voyant qu’Eska s’en était déjà allé pour chercher de la nourriture. Comment faisait-elle pour rester aussi calme, alors qu’elles étaient perdues en plein désert, sans vivres, sans armes, après s’être faites attaquées par un Dragon ? Une créature mythique censée avoir disparue depuis bien longtemps déjà. Lin attendit le retour de Nouchka et Eska en se débarbouillant également (pourquoi se priver ?) et en jetant un coup d’œil dans les environs. Alors qu’elle revenait en même temps que Nouchka qui avait trouvé de quoi manger, elle vit au loin un nuage de poussière qui fit soudainement paniquer la femme Bête. Eska se dirigea droit sur elles pour les forcer à se mettre à terre.

- Qui sont-ils ? Tu les as vus ? demanda-t-elle, peut-être que ce sont seulement des marchands ?

Elle se redressa afin de mieux y voir et jeta un coup d’œil par-dessus les buissons. Elle mit sa main en visière et ouvrit soudainement la bouche, hébétée. Les hommes qui s’approchaient n’avaient pas du tout l’air de saints. Habillés de noir et coiffés de turbans, ils approchaient de l’oasis au galop, sur des chevaux écumants. Leur visage ne semblait afficher rien d’autre qu’une expression d’une terrifiante impassibilité, avec une peau étrangement ridée et un teint cireux. Un peu comme si la vie s’échappait de leur corps d’une manière peu naturelle mais qu’ils refusaient de mourir.

En tout cas, ce n’étaient pas des marchands. Et ils venaient dans leur direction.

- Ho ho, souffla Lin en disparaissant derrière les fourrées, nous devrions y aller…

Elle s’éloigna dans le sens opposé à leurs visiteurs, qui s’arrêtèrent à l’emplacement de leur dernier feu de camp. Ils parlèrent dans une langue qu’elle ne connaissait pas, mais Lin n’avait pas l’intention de s’attarder. Ils étaient cinq mais même avec Ténaris, elle ne voulait pas avoir affaire à ce genre d’individu. On n’était pas certain de garder tous ses membres. Elle se retourna pour fuir discrètement, mais elle s’arrêta dans son élan. Un des hommes était passé par derrière et il se tenait maintenant devant elles, les grands yeux blancs fixés sur les trois jeunes femmes accroupies au sol.

Lin ouvrit la bouche, mais Ténaris avait déjà senti le danger, et commençait à sortir un bras par sa porte désincarnée. Elle passa une tête et le reste de son corps suivit, laissant apparaître l’elfe pâle aux longs cheveux blancs et aux yeux rouges. Ténaris se redressa avec un visage fermé, profondément concentré. Elle avança d’un pas rapide en effectuant une attaque circulaire de sa dague. Le coup était rapide, bas, fait pour éventrer. Mais l’homme réagit plus vite que le fantôme. Il lui attrapa le poignet en la stoppant dans son élan, et le bloqua. L’elfe écarquilla les yeux tandis qu’une lumière apparaissait au niveau du contact entre les deux combattants. Il ne fallut pas plus d’une seconde pour que Ténaris disparaisse dans une gerbe de lumière. « Quoi ? » Lin était stupéfaite. Ténaris venait d’être maîtrisée en l’espace de quelques secondes à peine. Elle était tétanisée, incapable d’émettre ne serait-ce qu’un son, alors que l’homme s’avançait droit sur elle.

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18 Re: L'oasis «L'Aurore» le Mer 10 Jan - 20:57

Caché avec ses compagnes, elle observa les nouveaux arrivants.
Lorsqu’ils posèrent pieds à terre, marchant dans les cendres et les braises de leur feu, Nouchka ne parvint pas à les sentir, comme s’ils n’avaient pas d’âme, aucune émotion ne troublée leur esprit. Cela suffit à troubler le sien et à la saisir d’effroi.
Lin les entraîna un poil plus loin. Mais elles étaient encore bien trop près au goût de l’elfe ailée. Elle posa une main sur son arme et en écoutant les cavaliers, elle crut reconnaitre un dialecte. Son père lui avait cité quelques phrases pendant la narration d’un de ses très anciens voyages, à l’époque d’un homme fou qui aurai créé les hommes bêtes. Evidemment elle n’avait jamais pris la peine d’apprendre d’autre langue puisqu’elle pensait ne jamais quitter ses chères forêts cachées.
Pendant sa courte réflexion, elle remarqua que son aile gauche touchée presque le sol et devait probablement dépasser, dans un mouvement de panique, elle la ramena vite contre elle et compta les hommes si s’en étaient vraiment ; 1.. 2.. 3.. 4 .. pas le temps de se demander où était le dernier, il dressa comme par magie derrière les femmes.
Tout s’enchaina très vite, ce qui hantée Lin surgit, se servant de son corps comme d’un passage et attaqua. Elle n’atteint jamais sa cible. L’homme au regard aussi blanc que la nacre ne ressenti rien, ni haine, ni plaisirs. Mais il s’avança un rictus mauvais aux lèvres et saisi la jeune femme au cou. Il la souleva de terre et s’adressa à ses compagnons. Nouchka senti la panique de Lin comme si c’était la sienne, alors pour ne pas succomber elle s’enragea. Elle roula sur le côté et le prenant par surprise puisqu’il était occupé, lui planta son couteau en travers de la gorge. Lin tomba à terre. Nouchka se tourna et battit des ailes pour faire voler de la poussière et masquer leur fuite. Mais à peine eut-elle tourné les talons et déployé les ailes, qu’un lourd filet s’abattit sur elle. Elle tomba face contre terre sous le poids de cette entrave et se tortillant pour se retourner, elle vit dans le rideau orangé du sable 3 paires d’yeux blanc avancer comme s’ils dansaient.

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19 Re: L'oasis «L'Aurore» le Jeu 11 Jan - 17:53

Lorsque Nouchka avait bondi sur leur assaillant, Eska avait commencé à reculer vers des buissons. Puis, dans le chaos soulevé par l’initiative de l’elfe ailée, elle avait attrapé Lin par le col et l’avait tirée à l’abri. La surprise devant la présence de la créature à plumes, la poussière que cette dernière avait soulevé et la précipitation avaient masqué leur présence aux quatre hommes restant, qui n’avaient pas perdu une seconde et s’étaient précipités pour empêcher la jeune femme de s’envoler. Eska jurait intérieurement : « Voilà ce qui arrive quand on préfère se pomponner au lieu de quitter les lieux en vitesse ! » fulmina-t-elle. Elle tenta de calmer sa respiration devenue trop bruyante sous le coup de la surprise, de la colère et de la frustration, et se concentra pour essayer d’analyser la situation. Lentement, comme des machines, les quatre hommes se dirigeaient droit vers leur proie qui s’entortillait toujours plus dans ses filets à mesure qu’elle se débattait, pendant que le sable qui rendait la visibilité difficile retombait autour d’eux.

Il fallait agir vite : il était en effet impossible de connaître les intentions de ces hommes étranges et donc de savoir s’ils se contenteraient de garder captive la jeune femme, ou de la tuer sur le champ. Eska serra une nouvelle fois son amulette dans l’espoir de saisir les bribes d’émotions qu’elle était capable de récolter grâce à ses pouvoirs. Mais ce que la pierre bleue lui révéla la laissa perplexe. Elle lui permettait de capter l’aura des êtres qui l’entouraient dans un rayon assez restreint. Cachée à quelques mètres à peine de Nouchka de laquelle les hommes se rapprochaient, elle ne put retenir un hoquet de stupeur. De ces être-là n’émanait pas la vie. Elle ne ressentait pas non-plus de la même manière l’aura pourrissante qu’elle avait l’habitude de manipuler lorsqu’elle jouait à ranimer les petits insectes avec l’amulette. Non, cette fois-ci il s’y mêlait autre chose qu’elle n’avait jamais senti en aucun être vivant, ou mort. En tout cas, elle était certaine d’une chose : ces hommes-là étaient morts depuis longtemps.

La vie ne coulait pas en eux : il n’y avait donc aucune émotion qui les traversait… et aucune raison qui les pousserait à garder Nouchka en vie ! La jeune jaguar paniquait. Elle ne connaissait pas l’elfe depuis très longtemps mais elle ne pouvait se résoudre à la regarder se faire égorger par des créatures pareilles alors qu’elle ne pouvait se défendre, c’était une mort peu honorable et déplorable pour quelqu’un qui était issu d’un peuple de guerriers. Elle commença donc par tenter d’aider l’elfe à s’échapper. Eska posa les mains au sol, l’amulette contre sa paume. Ses yeux et ses tatouages prirent la même teinte bleue que la pierre et de fins fils s’enfoncèrent dans la terre à la recherche de l’aura de mort des milliers de petits insectes enfouis à jamais. Son pouvoir était peu puissant. Elle croisait des créatures bien plus imposantes qui auraient pu lui être d’une aide non négligeable en cas de combat. Mais elle devait se résoudre aux minuscules créatures, et pour couronner le tout, en quantité limitée !

C’est ainsi que plusieurs centaines de petits insectes se frayèrent un chemin à la surface. Elle leur commanda avec toute la concentration dont elle pouvait faire preuve -étant donné la faiblesse de son pouvoir- de ronger les fils qui retenait l’elfe prisonnière. Chaque insecte était connecté à la pierre d’Eska par un très mince filet bleu quasi imperceptible. En tout cas, même s’ils les avaient remarqués, les hommes-morts ne firent pas un geste pour le montrer.

Pendant qu’Eska réfléchissait, s’étonnait et agissait, ils avaient eu le temps de se trouver à quelques centimètres du filet. Ils échangèrent quelques mots inaudibles avant de se tourner à l’endroit où le premier d’entre eux était tombé. L’endroit était désert ! Puis elle sentit soudain une main se poser sur son épaule et l’agripper. Elle perdit sa concentration, se retourna et vit deux yeux blancs la fixer.

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20 Re: L'oasis «L'Aurore» le Ven 19 Jan - 8:09

Lin regardait le chaos qui se jouait sous ses yeux sans réussir à bouger. Ces êtres lui donnaient une impression de vide étrange et terrifiante. Les insectes qui rongeaient les cordes de Nouchka lui donnaient des haut-le-cœur et la panique l’envahissait en voyant le danger dans lequel elles se trouvaient. Quel était donc leur espoir ? Elle se réveilla en voyant un des hommes se dresser derrière Eska. Il n’avait pas jugé nécessaire de s’intéresser à elle. Peut-être estimait-il qu’elle ne représentait pas un réel danger ? Ou alors ne l’avait-il pas vue derrière les buissons ? En tout cas, une poussée d’adrénaline lui traversa le sang et elle bondit en tirant sa dague. Elle sauta sur le dos de l’assaillant d’Eska, s’agrippant à sa tenue du Désert tel un chat en furie. L’homme s’arcbouta, envoyant la tête en avant. Elle espérait que cela laisse le temps à Eska de s’enfuir et peut-être même de sauver Nouchka.

Et en même temps, elle espérait dans un coin de sa tête qu’elle vienne la sauver aussi. Elle ne voulait pas finir sa vie ici, elle y laisserait sans doute quelques regrets. Elle s’était enfuie de chez elle lorsque Ténaris avait commencé à devenir ingérable et cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas serré sa mère dans ses bras. Ce n’était pas la seule chose qu’elle n’avait pas faite mais il y avait quelques temps qu’elle pensait à revenir dans sa ville natale. Même si cela signifiait traverser les terres annexées de l’empire.

Alors que Lin agrippait l’homme de toutes ses forces, celui-ci envoya une nouvelle fois la tête en avant mais en y mettant un peu plus de vigueur et en envoyant ses bras par-dessus ses épaules pour attraper le poncho de la jeune femme. Il la fit passer violemment par-dessus sa tête et Lin tomba sur le dos avec un « ouf » après avoir expédié l’air hors de ses poumons. Elle regarda l’homme de ses yeux presque noirs prête à rouler sur le côté.

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21 Re: L'oasis «L'Aurore» le Lun 22 Jan - 20:43

Coincée sous son filet, Nouchka observa toute la scène sans pouvoir bouger.

Lorsqu’elle vit une centaine d’insectes rampaient vers elle, une phrase tapa dans sa tête « ronger corde », « ronger corde ». Les insectes venant, elle ne put plus penser à rien hormis s’échapper, il fallait qu’elle s’échappe vite, ou ils seraient là à ramper sur elle.
Elle se débattit avec furie et horreur, la panique l’avait envahie et les larmes de terreur ruisselaient sur son visage, se mêlant à la poussière. Ignorant les cordes qui lui arrachaient des plumes et entaillaient sa chair. Elle tenta de se relever, de battre des ailes, de fuir loin de ces choses qui rongeaient avec une faim inextinguible sans autre pensé ni émotion.

D’un coup alors qu’elle tenté encore de se mettre à quatre pattes, un pied la percuta violemment et la maintint au sol. C’est là que les insectes tombèrent raides morts. Loin de se calmait elle voulait quitter ce cimetière de bestiole toute si proche d’elle et de son visage.


Un coup derrière la tête la calma. Elle vit des étoiles et perçu ce qui se passait comme si c’était lointain, flou et étouffé.
Le filet se souleva, ses ailes furent attachées ensembles et ses mains ligotés devant et relié a ses genoux qui furent également attaché.
On la souleva de terre et la jeta à côté d’un arbre, près de l’ancien feu.
La vue et l’ouïe revint quelque peu à la normale et Nouchka recommença à sentir son corps et avec lui la douleur mordante des entraves, piquante des éraflures pleines de poussière et cuisante de sa tête. En s’efforçant d’ignorer toutes ses sensations, elle observa impuissante les hommes se saisir de Lin malgré ses tentatives d’esquives et la ligoter.
Elle fut jetée à côté d’elle. Eska hors de vue derrière les buissons, finit par les rejoindre, elle aussi attaché. Elle était essoufflée et la fourrure de ses bras et de son visage était couverte de sang.


Il ne restait plus que 3 hommes debout et chacun s’en alla remplir une mission. L’un surveillé les victimes, un autre parti dans l’oasis et le dernier ralluma le feu et alla décharger les chevaux de ses 2 compères morts puis les égorgea.
Nouchka sentant sa propre peur et sa douleur en plus de celles des deux femmes et des cheveux, elle fondit en larmes et se tordit au sol en poussant des cris de souffrance en écho à ceux des chevaux.

Jamais elle n'avait ressenti tant de chose et encore moins aussi intensément. Elle cria pour que ça s'arrête. Et quand enfin la mort eu fini de prendre le deuxième cheval, vidait de son sang, elle se calma et seules ses larmes persistèrent.

Bizarrement, un mots lui revint, commun au discours de son père et à celui de leur ravisseur. Reprenant son calme, elle ouvrit la bouche.

- Il a dit « nécromancien ».  Elle le souffla, couchait au sol, des sillions boueux sur son visage plein de sable.

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22 Re: L'oasis «L'Aurore» le Sam 17 Fév - 12:06

Eska se tortillait pour essayer de défaire ses liens tout en maugréant dans sa barbe. Nouchka s’était enfin tue et elle pouvait ainsi de nouveau se concentrer pour trouver une solution à leur problème pour le moins épineux. Essoufflée, elle secoua la tête pour tenter de dégager le sang de sa pauvre victime qui lui coulait dans les yeux. Elle nota qu’il n’était pas chaud comme son instinct s’y attendait venant d’un être se mouvant encore il y a tout juste quelques minutes. Il était à présent étendu comme un pantin désarticulé, inconscient ou mort, la jeune femme fauve ne pouvait pas le savoir, et surtout, elle ne voulait pas le savoir : la seule chose qui l’intéressait à présent était de partir de ce lieu maudit le plus vite possible !

Elle observa la scène avec attention, balayant les environs de ses yeux dorés à la pupille verticale : toutes trois étaient solidement attachées, et il lui semblait peu probable que l’une d’entre elles puisse défaire ses liens. Un des hommes fixait le petit groupe tandis que les autres vaquaient à d’autres occupations. Eska fut fascinée un instant presque interminable par l’homme devant elles. Il ne bougeait pas. Il était même trop immobile pour une entité qui était censée respirer. Aucun clignement d’yeux, pas un tressautement de sourcil, son visage était sans expression et rien ne semblait l’animer. De même, son corps entier était marmoréen, et Eska se demandait s’il pourrait un jour se déplacer de nouveau, où s’il s’était définitivement statufié. Ce qui était sûr, c’est qu’elle aurait du mal à détourner l’attention de celui-là…

Au bout de plusieurs dizaines de longues minutes, les autres hommes refirent leur apparition trainant derrière eux quelque chose d’assez grand et encombrant… une cage ! Elle se mordit la lèvre inférieure. Que faire ?! Ils s’approchèrent du trio, saisirent une à une les trois filles attachées et les jetèrent sans ménagement dans leur prison de fortune faite de bois, trouvé aux alentours de l’oasis. Eska se cala contre les barreaux et toisa l’un de leur ravisseur avec des yeux amplis de haine.

Soudain, elle nota la présence de quelque chose qui la surprit grandement. L’esprit ailleurs, et trop occupée à manipuler les insectes lorsqu’elle avait voulu libérer Nouchka plusieurs dizaines de minutes plus tôt, elle n’avait pas noté la présence d’un fil très fin qui émanait de tous les hommes présents, sauf de ceux qui étaient étendus au sol. Son amulette était attachée à son poignet et la pierre touchait sa peau, ce qui lui permettait d’utiliser son pouvoir sans avoir à la tenir dans le creux de sa main. Mais, son pouvoir (dont elle ne connaissait finalement qu’une infime partir) lui permettait visiblement de percevoir… d’autres phénomènes. Ce filin –qu’elle n’avait jamais vu auparavant- était d’un bleu plus clair que le sien, et bien moins épais. Ainsi, pendant qu’elles se faisaient brinquebaler pour sortir de l’oasis, Eska se concentra sur le lien brillant, étonnée et curieuse de savoir ce qu’il était réellement. Elle en rapprocha son esprit, le tâtonna pour essayer de s’en saisir et d’en prendre possession, histoire de voir cela aurait une conséquence sur leurs étranges ravisseurs.

À force de tentatives pour le manipuler (qui ne durèrent pas plus de quelques courtes minutes), la jeune femme finit par le faire éclater en de milliers de petites échardes scintillantes qui s’évanouirent dans les airs. Elle avait sursauté violemment sous le coup de la surprise. Cela eut pour effet de la faire revenir à la réalité brûlante du désert. C’est ainsi qu’en relevant la tête pour regarder autour d’elle, elle sentit que quelque chose de bizarre se produisait. Les hommes s’étaient tous figés en fixant le vide et, soudain, elle vit les dunes et le ciel se précipiter brutalement vers la gauche et une sensation de haut le cœur qui la prenait : elles étaient en train de chuter, droit dans la descente de la dune que les hommes avaient commencé à gravir après avoir dépassé l’oasis. Eska se cramponna de peur, les yeux écarquillés devant le vide.

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23 Re: L'oasis «L'Aurore» le Jeu 15 Mar - 20:26

Lin s’était laissée enfermée dans la cage, ne comprenant pas comment elles avaient pu se faire prendre aussi facilement. Et puis, une chose la taraudait : où était donc passée Ténaris ? Cela faisait maintenant un certain temps que le fantôme ne s’était pas manifesté. Peut-être le coup qu’il avait pris l’avait mis KO pendant une durée plus longue ? Soudain, elle leva la tête. Et si elle avait disparu pour toujours ? Un espoir immense l’enveloppa et elle se laissa aller à un soulagement qui n’était peut-être pas destiné à durer. Un brouillard l’enveloppa, comme un cocon accueillant. « Ce n’est pas le moment… » Cette pensée traversa son esprit et s’en alla aussitôt. Elle avait toujours pensé être damnée et elle préférait mourir purifiée plutôt que de vivre maudite. Et ce simple fait l’engourdissait au point de plus faire attention à son environnement.

Elle s’en allait au plus profond de son esprit quand elle sentit le sol pencher dangereusement. La sensation d’apesanteur fut si forte qu’elle réveilla Lin. Elle ouvrit grand les yeux et s’agrippa aux barreaux, sentant la cage dégringoler la pente sablonneuse. La dune étaient immense, si grande que Lin n’était pas sûre de survivre si la cage faisait des tonneaux jusqu’en bas. Par réflexe, la jeune femme hurla le nom de la seule personne qui pourrait la sauver.

- TENARIS ! hurla-t-elle, sentant son instinct de survie revenir au galop.

L’elfe sembla se réveiller faiblement à ce moment-là. Le fil blanc et brillant qui la reliait à Ténaris se dessina et une main sortit du vide de l’autre côté de la cage, l’arrêtant nette au milieu de sa course. Lorsque la cage fut stabilisée et que les tourbillons de sables se furent estompés, la main blanche et vernie de rouge de Ténaris disparut. Lin releva la tête et regarda la porte de la cage, fermée par un cadenas qu’un des hommes avait sorti d’une sacoche. Elle cligna des yeux plusieurs fois en réfléchissant. Finalement, elle attrapa une plume la plus fine possible, tombée par terre et qui provenait des ailes de Nouchka.

- Je suis désolée, Nouchka, lui dit-elle en lui jetant un coup d’œil.

Elle se leva en chancelant, s’approcha de la porte, qui, heureusement, ne se trouvait pas sous leurs pieds. Elle attrapa le cadenas et ne pris pas plus d’une minute pour le crocheter. Elle poussa la porte qui tomba sur le sol et glissa sur deux mètres. Elle sortit en premier et s’étira sous le soleil brûlant de midi. A priori, rien de casser, à peine quelques bosses, des bleus et une lèvre fendue, mais rien de plus. Elle laissa retomber ses bras. « Je ne suis toujours pas seule… ». Ténaris était revenue, mais elle se retourna pour ne pas sombrer dans le désespoir. Elle s’était rappelée que Nouchka avait été blessée pendant la bagarre.

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24 Re: L'oasis «L'Aurore» le Mar 20 Mar - 22:28

Quand la cage chuta sans explication apparente, Nouchka se recroquevillera en boule. Et lorsqu’elle s’immobilisa suite à un cri, en plein de milieu de la pente, la jeune femme s’écrasa contre la femme jaguar.  
Dans le brouillard de son esprit, elle cru entendre son nom et la porte s’ouvrir.
Elle vit Lin sortir et s’étirer librement.
Nouchka rampa au dehors de la cage et se vit défaire ses liens. Ses ailes se séparèrent et tombèrent au sol enfin décrispées.
Lorsque ses genoux et ses mains furent également délivraient, elle poussa un léger râle de soulagement. Elle replia et déploya ses ailes lentement pour les désengourdir et fit de même avec ses jambes. Puis le corps apaisé, elle se rappela la situation et se releva en chancelant.
Elle vit les trois hommes à terre et les deux femmes à côté d’elle, elle se frotta les poignets et trouva les chevaux au sommet de la dune attendant docilement.

-Qu’est ce qui s’est passé ?  Est-ce qu’ils sont morts ? demanda-t-elle à ses compagnes
Mais sans réellement attendre la réponse, elle s’approcha en titubant dans le sable chaud et alla en tâter un du bout du pieds. Rien.

-Mais qu’est ce qui s’est passé fit elle a elle-même en voyant les corps se putréfier rapidement, dégageant une odeur pestilentielle. Il y a quelque heure à peine ils les avaient mis hors d’état de nuire et les avaient capturés sans difficulté.

En attendant une réponse qui peinait à venir, elle fit approcher les chevaux en leur intimant un sentiment de sécurité et de respect. Ils approchèrent méfiant avec sur leur dos les sacs des hommes et les leurs. La méfiance des animaux disparut quand elle leur ouvrit son cœur et posa sa main sur la tête d’un des étalons. Il était tout noir à l’exception d’une tâche blanche sur le garrot.
Elle fouilla l’homme à ses pieds et récupéra quatre bourses attachaient à sa ceinture, sans vérifier leurs contenue. Puis trop nerveuse et proche de la nausée à l’odeur, elle abandonna l’idée de fouiller les deux autres.

Elle enfourcha l’étalon et lança aux deux femmes :

- Je propose que l’on retourne à l’oasis pour se remettre de ces épreuves et comprendre pourquoi on s’est fait attaquer. Et peut-être que vous m’apprendrez un peu plus que vos noms.

Nouchka envoya l’image du visage aux deux autres étalons qui avancèrent vers elle. Celui d’Eska eu un peu plus de mal mais finit par l’approcher et la renifler.
L’elfe ailé talonna le cheval qui entreprit de descendre prudemment le reste de la dune en direction de l’oasis qui n’était qu’à deux collines de là.
Elle tata son crâne et senti du sang séché. Faisant la grimace elle se dit que le monde avait l’air moins brut dans les livres.

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25 Re: L'oasis «L'Aurore» le Jeu 22 Mar - 21:43

Eska regarda Nouchka dévaler la pente l’air pensif. Elle laissa le cheval flairer ses longs cheveux noirs décorés de perles rouges et bleues et de plumes multicolores encore couverts de sable suite à leur chute. Elle contemplait le vide en réfléchissant à ce qu’elle avait vu. Son regard se posa sur l’un des cadavres qui se putréfiait sur le sol sablonneux. Il dégageait une odeur infecte mais la jeune femme-jaguar ne réagissait pas, toujours ébranlée par les évènements des dernières minutes.

Elle secoua néanmoins la tête pour se débarrasser du sable et de ses images incompréhensibles faisant tinter les petites breloques qui pendaient dans ses cheveux. Elle s’approcha ensuite du cadavre le plus proche et le fixa en le surplombant de toute sa hauteur. Soudain quelque chose attira son attention sur le corps en décomposition. Il était sur le ventre, la tête penchée vers la droite, et ses cheveux, qui se faisaient de plus en plus rare à présent, dévoilait légèrement sa nuque. Une lueur bleu pale perçait à travers les quelques mèches restante. Eska fronça un sourcil interrogateur et s’agenouilla près de la chose répugnante qui était un homme il y a peine quelques minutes. Elle souleva les quelques cheveux qui l’empêchait d’identifier ce qui produisait cette lumière. Il s’agissait d’un tout petit symbole. Quelques fines lignes entrelacées qui avait été dissimulée par la tignasse mi-longue qui recouvrait le crâne de l’homme avant qu’il ne s’effondre.

Avant que les corps ne deviennent que poussière elle alla les examiner également. Elle enleva la capuche du deuxième homme qui avait visiblement les cheveux plus courts : il portait le même symbole lumineux qui ne semblait pas affecté par la putréfaction accélérée qui se déroulait sous le regard d’Eska et de Lin.

-C’est vraiment étrange, dit la jeune femme tout haut après avoir inspecté le dernier homme. Vraiment très étrange…

Elle se tourna vers Lin qui se tenait plusieurs mètres plus loin.

-Tous ces hommes possèdent la même marque, lui cria-t-elle. Mais on ne dirait pas un tatouage qui pourrait les rattacher à un groupe ou un clan…

Sa voix mourut tandis que ses yeux à la pupille verticale semblaient hypnotisés par le symbole lumineux.

-Enfin je ne sais pas… j’ai l’impression d’avoir déjà vu ce signe quelque part… mais où ?...

Les trois cadavres finirent de se décomposer sous leurs yeux, ne laissant qu’un tas de vêtements tâchés et couverts de sable. Eska ne comprenait pas ce qu’il se passait. Elle ne comprenait pas non plus pourquoi les hommes étaient tombés et avaient disparu à une vitesse aussi effarante. Cependant, tout cela lui rappelait vaguement des choses…

Elle se dirigea vers le cheval qui l’observait d’un air niais, grimpa agilement sur son dos et dévala la dune vers l’oasis pour rejoindre Nouchka. Lin la suivit en silence. Lorsque le cheval atteignit les premières verdures, Eska sauta à terre. Elle se posta à la hauteur de Nouchka.

-Tu sais, il ne faut pas que nous restions là, lui souffla-t-elle en regardant les alentours. Il se trame ici quelque chose qui nous dépasse. Je le sens. Nous nous étions réfugiées dans cette oasis à cause du dragon qui fait des ravages dans le coin. Il ne doit plus être très loin de nous maintenant. Il faut que nous rejoignons la ville la plus proche, nous ne sommes pas en sécurité ici pour reprendre des forces et rassembler nos esprits. Nous devons partir.

« Surtout qu’il faut ajouter à la présence étrange de cette créature celle de ces hommes. Je ne sais pas d’où ils sortent, mais le seul phénomène semblable que j’ai pu observer –des créatures qui semblent sans conscience, ressemblant à des machines et qui peuvent s’effondrer comme cela et pourrir à une telle vitesse-, c’est moi qui l’ai provoqué. »

Elle sortit son amulette qu’elle fit se balancer devant les yeux de Nouchka en faisant en sorte que Lin voyait et entendait ce qu’elle disait.

-Vous voyez cette pierre ? Elle me permet de manipuler de petits animaux ou insectes. Mais seulement s’ils sont morts. Pendant que nous étions dans la cage, j’ai vu un lien qui unissait nos ravisseurs. Il ressemblait à celui que je crée lorsque j’utilise mon pouvoir. Lorsque je l’ai touché, il s’est défait et les hommes sont tombés. Vous comprenez ? Il y a quelqu’un qui s’amuse à faire revenir les morts à la vie ! Mais lui ne se contente pas de simples petits insectes…

Elle fit une pause et porta la main à son visage, réfléchissant intensément.

-Et il y a ce symbole que j’ai trouvé sur leur corps, je l’ai déjà vu mais où ?! Est-ce qu’il vous dit quelque chose?

Elle se pencha pour ramasser une branche qui trainait et dessina grossièrement ce qu’elle avait pu retenir du symbole.

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